Invité chez des amis quand on mange sans gluten
Un souper chez des copains, le dîner du dimanche chez la belle-famille, une communion, un barbecue au fond du jardin : c’est souvent là que le sans gluten est le plus délicat. Au restaurant, on pose des questions à des professionnels ; chez des amis, on a peur de vexer ou de compliquer la vie de ceux qui reçoivent.
Prévenir sans gêner
Dites-le tôt, au moment où l’on vous invite, plutôt que la veille. Restez concret : « je ne peux pas manger de blé, d’orge ni de seigle, même en miettes ; ne t’inquiète pas, je peux apporter mon pain ». Deux ou trois consignes valent mieux qu’un long exposé, et proposer d’apporter quelque chose rassure tout le monde. Si l’hôte vous demande ce qu’il peut cuisiner, suggérez des plats simples : une viande ou un poisson grillés, des pommes de terre, des légumes, un riz.
Ce qui piège dans une cuisine d’hôte
Votre hôte peut cuisiner un plat parfait et le rater sans le savoir. Les grands classiques :
- le cube de bouillon et les sauces en poudre, qui contiennent souvent de la farine ;
- la cuillère de farine ajoutée « pour lier » une sauce ou un ragoût ;
- la chapelure dans les boulettes et le hachis, la bière dans la carbonnade ;
- la planche à pain, le beurrier plein de miettes, le grille-pain familial ;
- la friteuse de la maison, qui a vu passer croquettes et fricadelles ;
- la sauce soja de la marinade.
Inutile de faire la police en cuisine. Une question gentille au bon moment, « tu as lié la sauce avec quoi ? », suffit souvent.
Apporter un plat ou le dessert
C’est sans doute la meilleure stratégie : vous apportez un plat que tout le monde mangera et dont vous êtes sûr. Le dessert s’y prête particulièrement bien. Une mousse au chocolat, un riz au lait, une salade de fruits ou un gâteau à la farine de riz ne trahissent pas leur absence de froment ; la fiche pâtisser à la maison donne les bases. Pensez aussi à votre pain, et servez-vous avant que la corbeille ne fasse le tour de la table.
L’apéro, les zakouskis et le barbecue
À l’apéro, les cubes de fromage au sel de céleri, les olives, les crudités et la plupart des charcuteries nature passent ; les toasts, les feuilletés, les bouchées et les biscuits salés, non. Pour les chips, lisez le paquet : certains goûts contiennent de la farine ou du malt.
Au barbecue, les saucisses et merguez du boucher contiennent fréquemment de la chapelure ou de la farine, et les marinades toutes prêtes de la sauce soja ou de la bière. Proposez d’apporter vos propres viandes et demandez un coin de grille couvert d’une feuille d’aluminium, ou passez en premier sur une grille propre.
Quand l’enfant est invité
Anniversaires, goûters, nuits chez un copain : pour un enfant qui mange sans gluten, l’invitation se prépare avec les parents qui reçoivent. Un coup de fil suffit, avec trois points simples : pas de gâteau ni de biscuits ordinaires, attention aux bonbons, car la réglisse et certaines guimauves contiennent de la farine de blé, et un petit-déjeuner sans céréales du commerce pour le lendemain. Le plus simple est souvent de confier une part de gâteau, un paquet de biscuits et deux tranches de pain dans une boîte au nom de l’enfant. Les autres parents apprécient presque toujours d’être déchargés de la question.
Quand le plat n’est pas sûr
Il arrive que la sauce soit liée malgré tout, ou que le dessert sorte d’un paquet que personne n’a lu. Mangez ce qui est sûr, complétez avec ce que vous avez apporté et gardez un en-cas dans votre sac pour la fin de soirée. Inutile d’en faire un drame à table : un mot à l’hôte le lendemain, sur un ton léger, l’aidera pour la prochaine fois bien plus qu’une remarque devant tout le monde.
Communions, mariages et grandes tablées
Pour une fête de famille servie par un traiteur, appelez-le vous-même quelques jours avant : il est tenu de connaître les allergènes de ses plats et préfère être prévenu. Les vol-au-vent, avec leur feuilletage et leur sauce à la farine, les croquettes et les pièces montées sont les écueils habituels. Au buffet, servez-vous en premier, avant que les couverts ne passent d’un plat à l’autre.
Recevoir à son tour
Inviter chez soi reste le plus sûr moyen de montrer qu’un repas sans gluten n’a rien de triste. Choisissez un menu où rien ne manque : boulettes liées à la fécule, carbonnade épaissie au pain sans gluten, frites maison, tarte au riz sur une pâte sans froment. Vos invités repartiront avec des idées, et la prochaine invitation sera plus facile.
Ce que vous pouvez accepter ou refuser à table dépend de votre situation : la page pour qui rappelle que c’est votre médecin qui en décide.